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Escapades

Les grands golfs autour de Paris : qui joue où, et comment y entrer

25 septembre 2026 · 8 min de lecture

En bref

Six golfs, une heure, quatre siècles de forêt

Les grands parcours autour de Paris ont été tracés sur des terres qui étaient des forêts de chasse royales bien avant de devenir des fairways. Cette histoire explique leur caractère : landes sablonneuses à Morfontaine, chênes et hêtres à Chantilly, pente vers la Seine à Saint-Cloud. Elle explique aussi leur discrétion. Ce ne sont pas des resorts.

Six d’entre eux comptent à l’échelle internationale, entre l’Oise au nord et les Yvelines à l’ouest. Voici ce qu’est vraiment chacun d’eux et, ce que la plupart des guides oublient, si vous pouvez y mettre les pieds.

Morfontaine : celui que personne ne peut visiter

Fondé le 15 octobre 1913 par Armand de Gramont, duc de Guiche, sur un ancien terrain de polo du parc de Vallière, dans l’Oise. Le neuf trous de Vallière est venu en premier. Après la Première Guerre mondiale, avec le soutien notamment d’Edward Esmond et d’Édouard de Rothschild, Gramont a confié à l’architecte anglais Tom Simpson la création du Grand Parcours.

Golf World l’a classé premier de France et premier d’Europe continentale en 2025. Sol sablonneux, bruyère, pins, et presque personne sur le parcours, ce qui est tout l’intérêt.

C’est aussi le club le plus fermé du pays. Pas de green fee, pas de journée visiteurs, et aucun arrangement qu’un concierge d’hôtel puisse obtenir. On joue Morfontaine en invité d’un membre, ou on ne le joue pas.

Lande sablonneuse et pins encadrant un fairway sur un golf privé de l’Oise

Chantilly : le golf historique

Fondé en 1909, à un kilomètre du château de Chantilly et au cœur de la forêt. Le parcours de Vineuil a été commencé par John Henry Taylor et porté à dix-huit trous par Tom Simpson en 1920. Durement touché pendant la Seconde Guerre mondiale, il a ensuite été abandonné ; Donald Steel a reconstruit le second parcours, les Longères, dans les années 1980, en conservant cinq des anciens trous et en dessinant treize nouveaux.

Vineuil a accueilli l’Open de France à dix reprises, dont deux victoires de Nick Faldo. Le club est privé mais a historiquement toléré des joueurs extérieurs en semaine, sous réserve d’un index exigeant. Ces conditions relèvent du club et évoluent : renseignez-vous avant de vous déplacer.

Il se combine naturellement avec l’hippodrome situé au pied du même château, pour une tout autre journée, que nous décrivons dans nos journées aux courses.

Un fairway boisé en forêt de Chantilly un matin d’automne

Saint-Nom-la-Bretèche : le parcours des tournois

Trente-six trous ouverts en 1959, à vingt-cinq kilomètres à l’ouest du centre de Paris. Il a accueilli le Trophée Lancôme chaque année de 1970 à 2003, ce qui a amené pendant trois décennies les meilleurs joueurs du monde sur ce parcours chaque automne.

Auparavant, en 1963, Arnold Palmer et Jack Nicklaus y ont remporté la Canada Cup. Le Vivendi Trophy y a ramené un match-play façon Ryder Cup en 2009, 2011 et 2013. Précisons que la Ryder Cup elle-même n’y a jamais été disputée, quoi qu’en dise une bonne partie d’internet : la France ne l’a accueillie qu’une fois, au Golf National en 2018.

Saint-Cloud, Joyenval, Paris International

Saint-Cloud a ouvert en 1913 sur un dessin de Harry Colt, à la demande de l’avocat américain Henry Cachard. Le parcours Jaune a été ajouté par Colt et son associé Morrison en 1930. Le trou numéro huit du Vert regarde droit vers la tour Eiffel. Quatorze Opens de France, et quinze minutes de la ville : c’est le plus proche des grands clubs.

Joyenval, à Chambourcy, a ouvert en 1992 sur un site classé qui fut un domaine de chasse royal, avec deux parcours signés Robert Trent Jones Sr. Le nombre de membres y est plafonné à 550. Ce chiffre dit tout de sa politique d’accès.

Paris International, à Baillet-en-France, abrite le seul parcours dessiné par Jack Nicklaus en France, construit en 1991 sur l’ancien domaine du baron Empain. Il a accueilli quatre Opens de France féminins.

La terrasse d’un club-house donnant sur le green du dix-huit

Y aller, c’est tout le problème

Aucun de ces golfs n’est accessible en transports en commun d’une manière qu’un golfeur accepterait. Morfontaine et Chantilly sont dans l’Oise, à quarante-cinq minutes ou une heure du centre de Paris selon le point et l’heure de départ. Saint-Nom et Joyenval sont à l’ouest, dans une circulation qui n’a rien à voir à sept heures du matin et à onze heures.

Les départs sont matinaux : première contrainte. La deuxième, c’est qu’un parcours suivi d’un déjeuner dure cinq ou six heures : une voiture qui vous dépose et repart est une voiture qu’il faudra remplacer. La troisième, ce sont les sacs : ils n’ont pas leur place sur une banquette, et le coffre d’une berline en prend deux, pas quatre.

Une voiture réservée à la journée règle les trois d’un coup. Votre chauffeur part à l’heure qu’exige votre départ, attend sur le domaine pendant la partie et s’occupe des sacs. Pour une partie à quatre venant d’hôtels différents, ou une journée d’entreprise, plusieurs voitures roulent sous un seul interlocuteur : c’est notre formule groupe.

Nous avons organisé cette journée assez souvent pour en faire une escapade à part entière.

Un chauffeur chargeant des sacs de golf dans le coffre d’une Mercedes noire à l’aube

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